antwoord van Ben Vollers


Ik kende dit grafschrift niet, laat staan dat ik weet wie de vertaler bij VN was. Henri Rousseau le Douanier stierf 2 september 1910, en 7 mensen waaronder Paul Signac volgden de baar. Later kwam er dus een grafsteen met een medaillon van Armand Queval waarop Apollinaire zijn gedicht schreef.  Dat werd het jaar daarop door Brancusi, Orthiz en Zarate precies naar het handschrift in steen uitgehouwen. In 1908 had Picasso een beroemd banket ter ere van Rousseau gegeven. Hieruit moge blijken dat de Parijse avant-garde hem waardeerde als iemand die door zijn eenvoud en ongekunsteldheid van belang was en de naïeve kunst als zodanig was ontstegen.

 

Inscription pour le tombeau du peintre Henri Rousseau douanier

Gentil Rousseau tu nous entends
N
ous te saluons
Delaunay sa femme Monsieur Queval et moi
Laisse passer nos bagages en franchise a la porte du ciel
Nous t’apporterons des princeaux des couleurs des toiles
Afin que tes loisirs sacres dans la lumiere reelle
Tu les consacres a peindre comme tu tiras mon portrait
La face des etoiles

Tu te souviens, Rousseau, du paysage asteque,
Des forets ou poussaient la mangue et l’ananas,
Des singes repandant tout le sang des pasteques
Et du blond empereur qu’on fusilla la-bas.
Les tableaux que tu peints, tu les vis au Mexique,
Un soleil rouge ornait le front des bananiers,
Et valeureux soldat, tu troquas ta tunique,

Contre le dolman bleu des braves douaniers.
Le malheur s’acharna sur ta progeniture
Tu perdis tes enfants et tes femmes aussi
Et te remarias avecque la peinture
Pour faire tes tableaux, enfants de ton esprit.
Nous sommes reunis pour celebrer ta gloire,
Ces vins qu’en ton honneur nous vers picasso,
Buvons-les donc, puisque c’est l’heure de les boire

En criant touis en choeur : »Vive ! vive Rousseau ! »
O peintre glorieux de l’alme Republique
Ton nom est le drapeau des fiers Independants
Et dans le marbre blanc, issue du Pentelique,
On sculptera ta face, orgueil de notre temps.
Or sus ! que l’on se leve et qu’on choque les verres

Et que renaisse ici la francaise gaite ;
Arriere noirs soucis, fuyez o fronts severes,
Je bois a mon Rousseau, je bois a sa sante !

Guillaume Apollinaire (1880-1918)